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ASMA, réunir pour mieux sauvegarder le patrimoine vernaculaire.

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Articles

Date de parution

3 septembre 2026

Créée en 1972 et forte de plus de 1100 adhérents, parmi lesquels des particuliers, des artisans et 70 communes, l’Association pour la sauvegarde de la maison alsacienne (ASMA) est un exemple à suivre pour la préservation et la valorisation de l’architecture vernaculaire.

 Sa mission? Sensibiliser le public à la valeur historique, culturelle, environnementale, économique et sociale du patrimoine bâti alsacien, avec un regard particulier sur les techniques de construction et les matériaux, en relation avec les spécificités du territoire. Comment? En offrant son expertise et en réunissant les pouvoirs publics, les artisans, les propriétaires et les associations autour d’un même objectif, celui de sauvegarder et d’entretenir le paysage urbain alsacien, et d’éviter la démolition d’édifices historiques lorsque la récupération est possible.

Entièrement animée par des bénévoles, l’ASMA articule son action autour de trois missions : connaître, apprendre et défendre. Son action pédagogique qui se déroule au travers d’événements et stages de formation, est complétée par des missions de conseils,  auprès des communes et des propriétaires permettant de prévenir des interventions hâtives et irréversibles.      

Maison construite en 1662, démolie en 2020

Cette activité de conseil s’accompagne d’une véritable action de vigilance. Près de 300 bâtiments  sont détruits chaque année. L’ASMA se mobilise sur le terrain, grâce à des « sentinelles » qui repèrent les maisons abandonnées, dégradées ou menacées de démolition et permettent à l’association d’intervenir selon l’urgence de la situation. Plus de 30 dossiers sont actuellement ouverts.  Dans certains cas, l’ASMA n’hésite pas à engager un recours devant le tribunal administratif et de contester un permis de démolir.

Cet accompagnement est enrichi par la mise en relation avec un vaste réseau d’artisans, d’architectes et d’ingénieurs spécialisés dans le patrimoine bâti.  Lors des “Stammtisch” (tables rondes) de l’ASMA, chacun peut soumettre ses questions à des professionnels bénévoles, qu’il s’agisse de structure, d’isolation, d’humidité, d’enduits ou de pathologies du bâti.

Comme l’affirme Denis Elbel, membre de l’ASMA depuis longtemps et actuel président, seul un engagement conjoint de toutes les parties prenantes peut aboutir à des résultats concrets.

Mad’in Europe a eu le plaisir de le rencontrer dans la maison alsacienne qu’il restaure avec passion depuis 2010 avec son épouse.   À travers l’histoire singulière de cette maison, il nous invite à découvrir les particularités du bâti alsacien, mais aussi les défis liés à sa préservation, à son adaptation aux besoins contemporains et à la transmission des savoir-faire nécessaires à sa restauration.

D’après la documentation dont dispose la famille de Denis, le bâtiment d’origine date de  1717, mais a été partiellement détruit, probablement par un incendie. Seule restait la partie en pierre, correspondant à la cave. La particularité des maisons à colombages étant d’être des biens meubles démontables,  en 1781 la famille a pu reconstruire la ferme, en déplaçant une maison achetée dans un autre village.  Un registre conservé par la famille documente métier par métier les dépenses engagées pour cette œuvre de reconstruction.  

La maison que nous décrit Denis Elbel illustre la capacité du patrimoine bâti à évoluer pour répondre aux exigences d’aujourd’hui, notamment en matière de consommation énergétique. Le bâti ancien n’est en effet pas incompatible avec de très bonnes performances, au contraire. L’utilisation de matériaux naturels et les techniques anciennes ont fait leurs preuves pendant des siècles et ont un avenir, pour peu que les artisans continuent de pratiquer et de transmettre ces savoir-faire.

Pour preuve, le bâtiment a obtenu le label maison à basse consommation, grâce à l’isolation en chaux-chanvre, à son système de chauffage et grâce aux menuiseries réalisées sur mesure avec un double vitrage et une lame d’air conforme aux exigences de la direction du patrimoine.   

Depuis 2010, ce corps de ferme, composé de plusieurs bâtiments autour d’une cour centrale, a réuni  des dizaines d’artisans et a servi de véritable chantier-laboratoire favorisant notamment l’échange de savoir-faire entre artisans provenant de différentes régions.

Cet exemple s’inscrit parfaitement dans la vocation de l’ASMA et lui sert de bonne pratique, au même titre que de nombreux exemples dont l’association témoigne au travers de sa publication  ‘s Blättel.

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